- Dans un contexte mondial secoué par les chocs, fournir un cadre agile pour le leadership est une priorité plus urgente que jamais.
- Young Global Leaders s’est récemment réuni à Genève et a créé une carte de transformation en huit points pour le leadership moderne.
- La prévoyance, la durabilité et l’adaptabilité faisaient partie des principes clés qui en ont émergé.
Les dirigeants du secteur public et privé se retrouvent de plus en plus sur la défensive, réagissant à une multitude de crises dans un monde de plus en plus turbulent. À une époque marquée par la disruption technologique, l’évolution des attentes sociétales et l’urgence climatique, ce qui est clair, c’est que ceux qui dirigent le gouvernement et les entreprises ne peuvent plus compter sur des cartes statiques du passé. Lors du Sommet des Jeunes Leaders Mondiaux 2025 à Genève, plus de 370 leaders émergents issus de la communauté des Jeunes Leaders Mondiaux (YGL) se sont réunis pour débattre et discuter de la question cruciale de la préparation au leadership dans une nouvelle ère. La question centrale du sommet était : à quoi ressemble l’avenir du leadership ?
Ce dont les dirigeants ont besoin, c’est d’un outil d’orientation pour les aider à comprendre des paysages en évolution rapide. Lors du sommet, les Jeunes Leaders Mondiaux ont précisément accompli cela en co-curant une carte de transformation sur l’avenir du leadership en utilisant la plateforme d’intelligence stratégique du Forum économique mondial. La discussion a exposé huit thèmes clés qui, plutôt que de prescrire une seule voie, suggèrent plusieurs voies interconnectées que les dirigeants doivent envisager pour naviguer dans la complexité dans un monde en mutation.

La carte de transformation des jeunes leaders mondiaux sur l’avenir du leadershipImage : Forum économique mondial
1. Prévoyance et préparation
À une époque où le monde semble de plus en plus imprévisible, on demande aux dirigeants de guider les équipes et les individus à travers ce qui peut souvent sembler être une obscurité désorientante. Si la formation traditionnelle peut les préparer à gérer la complexité, la pression du moment peut trop facilement repousser même les leaders expérimentés vers une réflexion à court terme.
Alors, comment les Jeunes Leaders Mondiaux suggèrent de naviguer dans cette incertitude ? Anulika Malomo (promotion YGL 2021), directrice non exécutive de HarbourVest Partners, offre une perspective convaincante : « Un leadership fort consiste à rester fidèle aux convictions, à percer le bruit et à garder le long terme en perspective. » Cela signifie que les dirigeants doivent se demander si leur « clarté d’objectif » est vraiment à l’épreuve de l’avenir, ou si un modèle familier mais dépassé.
2. Leadership collectif et inclusif
L’autorité traditionnelle descendante s’effondre sous la pression des crises poly actuelles, tandis que les Jeunes Leaders Mondiaux ont souligné que l’inclusion multiplie l’impact. Les discussions lors du sommet rappellaient que le véritable leadership se définit par sa capacité à centrer les besoins du plus grand nombre, et non de quelques-uns.
Gaurav Mehta (promotion YGL 2018), PDG de la Dharmalife Foundation, exprime ceci : « Dans mon travail, j’ai constaté que l’avenir du leadership réside dans la transformation de l’inclusion en innovation, en équilibrant technologie exponentielle avec empathie exponentielle. »
3. La technologie comme catalyseur du changement
L’une des plus grandes discussions du sommet portait sur le pouvoir transformateur de l’IA et ce qu’elle signifie pour le leadership au XXIe siècle. Les progrès rapides en IA, automatisation et transformation numérique sont infiniment complexes, offrant autant d’opportunités qu’de défis éthiques.
Fadel Adib (promotion YGL 2024), professeur associé au Massachusetts Institute of Technology, a partagé une analyse percutante, notant : « L’avenir du leadership réside dans la rapidité avec laquelle les dirigeants peuvent percer le bruit, décider ce qu’ils adoptent et ce qu’ils mettent de côté sans se laisser distraire. » Cela met en lumière l’idée d’un changement intentionnel, qui repose sur des leaders qui posent des limites, s’engagent dans une écoute active et veillent à ce que le déploiement soit à la fois guidé par des valeurs et inclusif.
4. Humains et planètes d’abord
La durabilité était également en bonne place lors du sommet, les YGLs lançant un appel à l’action unique. Si l’augmentation des catastrophes naturelles, des déplacements forcés et la menace de la montée du niveau de la mer ne suffisent pas à provoquer un changement, les YGL ont exhorté les décideurs à repenser l’action climatique sous un autre angle : « Les solutions d’aujourd’hui ne peuvent pas être les problèmes de demain. »
Cette perspective souligne que si les dirigeants souhaitent vraiment résoudre leurs défis, ils doivent veiller à ce que les mesures qu’ils adoptent ne créent pas de crises futures ni ne les enferment dans un cycle perpétuel de résolution de problèmes. En conséquence, ils doivent prioriser un leadership écocentrique pour concevoir et mettre en œuvre des solutions qui résolvent des problèmes, et non en créent de nouveaux.
5. Éducation et apprentissage tout au long de la vie
Avec plus de la moitié des compétences en milieu de travail projetées en évolution dans les cinq prochaines années, le développement des compétences, la requalification et les parcours d’apprentissage modulaire – notamment autour de l’IA – exigent tous de l’attention. Le changement d’état d’esprit éducatif est essentiel pour que les dirigeants comblent ce fossé entre avancées technologiques et améliorations des programmes.
Pourtant, lors du sommet, on avait ce sentiment que les établissements d’enseignement accusaient souvent un retard par rapport à la rapidité du changement. Carlos Emilio Larreátegui (promotion 2025 de la YGL), vice-chancelier de l’Universidad de las Americas, identifie cette friction : « L’enseignement supérieur fait face à de réels défis pour adopter l’IA. Les étudiants sont impatients d’adopter ces outils, mais la résistance des enseignants et des administrateurs est courante. La clé est d’aider les sceptiques à voir la valeur de la technologie. Quand les gens se sentent menacés, c’est notre rôle en tant que leaders de leur apporter des assurances. »
6. Confiance et éthique
La confiance est le fondement sur lequel reposent toutes les autres compétences en leadership. Pourtant, la confiance mondiale dans les institutions reste fragile, les données de l’OCDE montrant que seulement 39 % des citoyens font confiance à leurs gouvernements nationaux.
À mesure que la prise de décision axée sur la technologie s’accélère, de nouveaux systèmes de gouvernance sont nécessaires. Sana Mir (promotion 2025 de la YGL), analyste sportive et commentatrice, ajoute : « Un véritable leadership exige résilience et vulnérabilité. Bien que nous poursuivions souvent de grandes solutions, ce sont les petits actes – dialogue, conversations ouvertes et véritable écoute – qui instaurent la confiance et renforcent notre capacité à mener face aux défis. »
7. Résilience et agilité
Selon le Global Risks Report 2025, le consensus est de plus en plus fragmenté dans les domaines géopolitique, environnemental, sociétal, économique et technologique. L’imprévisibilité est la nouvelle norme, et les dirigeants doivent remplacer la planification linéaire par des approches agiles et plus expérimentales pour faire face à ces incertitudes.
Maria Eugenia del Castillo Cabrera (promotion 2024 de YGL), conseillère spéciale auprès de la vice-présidence de la République dominicaine, exprime cet impératif : « Le leadership aujourd’hui exige une prise de décision agile, avancer avec les informations dont nous disposons, et non attendre une certitude parfaite. Il s’agit de s’unir autour de ce qui fonctionne, de résister à la fragmentation et de garder notre concentration sur la résolution des défis les plus urgents de l’humanité à travers le monde. »
8. Culture et appartenance
Les YGL ont souligné que favoriser l’appartenance est à la fois un impératif éthique et un avantage stratégique. Lorsque les gens se sentent vus, écoutés et valorisés, quel que soit leur genre, leur origine ethnique ou leur âge, les équipes résolvent des problèmes plus difficiles et innovent plus rapidement.
« Parfois, les outils les plus puissants sont les plus simples : le dialogue, les conversations ouvertes et une véritable écoute. C’est la base de la confiance et de l’appartenance qui traverse les cultures », a souligné Ann Dumaliang (promotion YGL 2025) de la Masungi Georeserve.
Les analyses du Sommet des Jeunes Leaders Mondiaux 2025 révèlent que le leadership à cette nouvelle ère nécessite plus qu’une expertise technique ou une perspicacité stratégique. Elle exige une réorientation fondamentale vers la préparation plutôt que la prévision, la sagesse collective plutôt que l’autorité individuelle, et la gestion planétaire plutôt que les gains à court terme.
L’avenir du leadership, tel qu’imaginé par les Jeunes Leaders Mondiaux, ne consiste pas à avoir toutes les réponses ; Il s’agit de poser de meilleures questions, d’engager des perspectives diverses et d’avoir le courage de mener à travers l’incertitude avec clarté et bienveillance.

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